Archive for juin, 2009



25
juin

Ironie

Hier, tout le monde le détestait. Icône déchue d’une génération, empêtrée dans les scandales sexuels avec des mineurs, endettée jusqu’à l’os et dont les errements, en matière de chirurgie plastique, mettaient en évidence un sévère désordre d’ordre psychologique.

Aujourd’hui, on le pleure, on l’acclame, on le regrette. L’éponge est passée sur l’ensemble de l’œuvre, avec la bénédiction du Grand Ordre médiatique, pourtant principal vecteur (après l’intéressé), de la déchéance du zombie.

- Michael Jackson est mort.

- Ah bon ? … Vous ne l’aviez pas déjà tué ? Ceci dit, Jackson moi… J’en pense pas grand chose !

J’imagine maintenant, que l’on va en entendre parler ad-nauseam durant les prochaines semaines. Hommages, rétrospectives… le tout orchestré par les pleureuses de service et les fe-fans inconsolables. Ah ! Je pense à ça… J’ai déjà pas hâte de voir la tête de mon Facebook des prochains jours ! Rien que d’y penser, j’en ai la nausée !

Regardez bien ça amis Facebookiens : orgies de vidéos anciennes et nouvelles sur le « cher » disparu, applications et questionnaires sur le thème « Quelle couleur de Michael Jackson es-tu ? », rassemblements « hommages » en compagnie des plus grosses vedettes internationales de Karaoké, concours de lipsync sur ses tounes, invitations pour des groupes du genre « MJ is alive ! Luv U all ! » et je dois en oublier.

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Déjà que j’ai pris bien soin d’éteindre la TV, faut-il maintenant que je « déplogue » du web ?

12
juin

Le cerveau des "bobos"

« Permettez que je vous relate une anecdote stupide de ma vie ménagère ? L’autre jour, j’achète une paire de jeans Helmut Lang avec des taches de peinture dessus (ceux qui coûtent plus cher parce qu’ils ont l’air de vieux jeans dégueulasses de peintre en bâtiment). Après les avoir portés une semaine, je les donne à laver à ma femme de ménage sans la prévenir, et le lendemain elle vient me voir :

- Zé ou beaucoup dé mal mé zé réoussi à lé ravoir !

Mon jean était immaculé ! Elle l’avait frotté courageusement pour faire disparaître les précieux « drippings » stylisés par ce cher Helmut !

J’étais effondré, mais cette mésaventure m’a servi de leçon : quand les bobos se déguisent en pauvres, ils doivent faire leur lessive eux-mêmes.
Comment voulez-vous que ma chère employée de maison comprenne que les taches de peinture sont le comble du chic chez les cons ? Comment voulez-vous qu’elle sache que ce n’est pas parce que j’ai du flouze que j’ai un cerveau ? »

Frédéric Beigbeder, in L’égoïste romantique

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